13/03/2018

Focus sur les tendances alimentaires au Brésil

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Un rapport pragmatique à la nourriture:
-    La cuisine brésilienne est le fruit d’une longue série de métissages, entre gastronomies indienne, européenne, africaine, mais également japonaise, italienne et moyen-orientale, au gré des vagues successives de migrations qu’a connu le pays.
-    Il en résulte une gastronomie extrêmement diversifiée et variable selon les régions, avec toutefois des ingrédients et plats récurrents : riz, café, haricots, pain et viande rouge font partie des aliments les plus consommés.
-    La gastronomie brésilienne est aujourd’hui en pleine réinvention, et de nombreux restaurants remettent au goût du jour des ingrédients issus de l’immense biodiversité du pays

Un bon coup de fourchette et du grignottage
-    Les Brésiliens sont de bons mangeurs et grignotent beaucoup. On dénombre, 4,8 prises alimentaires par jour (contre 3,6 en France), dont la moitié entre les repas. Ils sont pourtant 45% à penser qu’ils ne mangent pas plus que nécessaire.
-    Le régime traditionnel est relativement gras, riche en féculents et en protéines. Lors la dernière enquête détaillée sur le sujet en 2008-2008,
        -    84% déclaraient avoir mangé du riz durant la semaine précédente
        -    79% consommé du café
        -    73% des haricots
        -    63% du pain
        -    48,7% du bœuf
        -    16% déclaraient avoir mangé des bananes et de la salade, les seuls fruits légumes présents dans les 20 aliments les plus consommés
        -    40,7% déclaraient avoir bu des jus et 21,2% des soft drinks la semaine passée
-->    Les fruits et légumes ne représentaient ainsi que 3% des apports caloriques des Brésiliens en 2009. Par ailleurs, 60% des Brésiliens consomment une quantité de sucre supérieure aux recommandations du ministère de la santé, et 82% consomment plus de graisses saturées que le seuil idéal.
-    Pour eux, manger est avant tout une nécessité : dans une étude TNS de 2014, ils sont 46% à considérer l’alimentation d’abord comme nécessaire, et 38% à estimer que c’est avant tout un plaisir, seuls 16% estiment que c’est d’abord un moyen de prévenir des problèmes de santé.
-    La part de la nourriture dans leur budget (15,5% en 2015) se rapproche de celles des économies développées (12% en moyenne dans l’UE) et n’a pas beaucoup baissé par rapport à 2009 (15,9%), quand elle reste encore sensiblement plus élevée chez ses voisins (17,4% en Colombie et 20,3% en Argentine).

Une alimentation plus « pratique » et fonctionnelle
-    En adéquation avec l’urbanisation galopante des modes de vie, la population Brésilienne poursuit son évolution, et réclame des produits faciles à préparer et à consommer. Les ventes de plats cuisinés augmentent par exemple de 17,3%/an sur la période 2011-2015 ; les produits emballés, et notamment les céréales, les soupes, les crèmes glacées, ou collations salées – dont la consommation fait écho à la tradition de l’encas – connaissent également un taux de croissance annuel avoisinant les 11/12%.

Des aspirations à une alimentation saine
-    9% des 20-79 ans sont diabétiques (Vs 4,7% en France), et 43% des Brésiliens souffrent d’une intolérance alimentaire. 18% sont déclarés obèses, et près de la moitié de la population est en surpoids. Cela n’est pas sans alarmer les autorités sanitaires, qui ont lancé en 2013 une vaste campagne de lutte pour promouvoir un style de vie plus sain.
-    La classe moyenne émergente fait par ailleurs preuve de certaines aspirations à une alimentation de meilleure qualité.
-    Ils aspirent à manger mieux, et sont 64% à déclarer faire attention à l’équilibre de leur alimentation : pour eux, bien manger serait d’abord manger sain (67%), et ils sont seulement 37% à estimer que bien manger serait d’abord un plaisir
-    Les produits santé/mieux-être connaissent un franc succès, et les ventes du secteur connaissent un taux de croissance annuel moyen de 13,2% entre 2011-2015. Le bio, toujours minime, augmente toutefois de 20,7% par an sur la même période.
-    Ils sont relativement confiants dans la qualité des produits : seulement 68% jugent probable que des aliments nuisent à leur santé, et 88% déclarent avoir confiance dans la qualité des produits.

Le poids des marques
-    La population est attachée aux marques et aux labels, gages de qualité des produits : l’apparence du produit (64%), le label de qualité (64%) et la marque (55%) sont les trois éléments qui rassurent le plus les consommateurs
-    Mais la difficulté pour boucler les fins de mois a des conséquences
-->    62% affirment faire plus attention aux prix, et sont plus attentifs aux soldes et promotions
-->    35% déclarent continuer à acheter leurs marques préférées, mais via des distributeurs moins chers, et 21% choisissent désormais une marque/un label moins cher à l’achat
-->    Le rapport qualité-prix est aujourd’hui au centre des préoccupations du consommateur Brésilien, dont la crise économique et les préoccupations sanitaires ont aiguisé la vigilance.

Sources: Euromonitor, CIA World Factbook, McKinsey, OCDE, SCIELO,  Kantar Worldpanel, TNS
 

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